un combat de titans

Publié le par benoit

    Ca faisait un moment qu'on en parlait, de longues années que je voulais les voir " en vrai "...c'est fait. Accompagnés du frère de vanessa en visite au Japon et d'un groupe d'amis, nous avons assisté à l'avant-dernière journée du championnat de sumos à Tokyo.
    C'était un des moments attendus du jour, l'autre était la visite de la manifestation " design festa " qui regroupe annuellement à Tokyo façon foire d'exposition une ribambelle d'artistes en tous genres, jeunes créateurs, acteurs, inventeurs d'un petit monde, musiciens indépendants, le tout dans une ambiance bon enfant un peu loufoque. Il nous a été malheureusement impossible d'en faire le tour faute de temps; dommage car ces lieux d'expression libre et hors conventions sont plutôt rares. On en rapportera quelques cartes postales de graphistes.
    Nous rejoignons les premiers arrivés aux boxes que nous avions réservés, pas au premier rang car les prix sont assez prohibitifs, mais bien assez près pour moi. Là l'ambiance est familiale, décontractée, en contraste avec celle rituelle observée sur la "scène". L'arrivée, l'affrontement et bien sûr la victoire sont commentées parfois à cris par la foule partisante tantôt du candidat " de l'est ", tantôt de celui " de l'ouest ". Après le tour de ceux qui montent, c'est le clou de la journée avec l'affrontement des confirmés; le meilleur moment attendu est le combat de hakuho pour devenir yokozuna, ou grand champion, titre à portée de paluche et qui pourrait courroner une série de 13 victoires sans défaite. Et c'est ce qui arriva, après de bonnes empoignades et parfois des tentatives de repousser l'adversaire hors du ring par de rapides poussées avec les bras, impressionantes vu le poids. Il semble d'ailleurs que ces embardées plaisent volontiers à la gente féminine qui continue à aimer les sumos quelque soit l'âge.
    Nous assistons aussi à la victoire du géant kokeshuuko, bulgare d'origine connu pour son torse velu, son sourire sympa et la publicité monstrueuse qu'il fait pour le yaourt, dit bulgare, du cru; ah les bons vieux stéréotypes...en tous cas "il t'envoie asashyoru, le big boss, valser en moins d'deux ! ". Au final, la foule se saisit des coussins sur lesquels elle patientait et les lance vers les champions, sauf quand on rate un peu son objectif et que ça finit derrière la nuque d'une victime innocente.
    Après tout celà, rien ne vaut une bonne okonomiyaki sur la plaque ( la galette japonaise ), un petit karaoké dans une pièce grande comme un ascenseur, puis finir par une nuit blanche à roppongi; quartier décidemment plutôt malsain avec son réseau de prostitution très visible, ses bagarres, ses boîtes surpeuplées où la gente féminine apprend à danser avec un partenaire gréffé à son dos. Les gens biens, les " vrais " japonais(es) tokyoïtes ne considèrent pas roppongi comme le lieu où l'on sort, paraît-il. Je les comprends, dans cette drôle d'interface entre deux cultures, les combats auxquels on assiste ont bien moins l'allure de titans que de cochons.

   

Publié dans kaniga

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Jb 30/05/2007 15:53

Pas trop dur d'avoir une place pour assister au combat ?
C'est pas un truc qu'il te faut réserver des mois avant ?

benoit 31/05/2007 03:27

il a fallu reserver, c'est vrai, un peu à l'avance. mais pas comme pour un concert de patrick bruel.