Tous au travail !

Publié le par benoit

     Devant la nouvelle tendance qui point en france à revaloriser le travail, les efforts et la récompense, il est bon de prendre exemple sur le Japon. Voilà bien un pays où l'on ne se pose pas la question de la légitimité du travail. Plus, c'est extrêmement valorisé et, en apparence du moins, pas si critiqué ( même si certains excès le sont officiellement de nos jours ).
     Le travail est d'abord lié à la collectivité. Pour vivre heureux, vivons ensemble et tenons-nous les coudes en retroussant nos manches. C'est qu'on n'a pas le choix, dans ce monde globalisé sans pitié, c'est une fatalité, il faut s'imposer pour ne pas être dominé. Dès le plus jeune âge le japonais est, on pourrait le dire brutalement, conditionné à donner de sa personne pour le travail. Après un "âge d'or" souvent décrit pour évoquer les premières années du bambin, où 'on jouit d'une liberté et de privilèges importants, c'est un très rapide endoctrinement au labeur qui commence. A la compétition aussi, même si il ne faudrait peut-être pas l'entendre au sens occidental " devenir meilleur que les autres " mais plutôt " rejoindre tel groupe " ( c'est un avis ). Il est impressionant de voir des enfants dès l'école primaire prendre des cours du soir parfois jusqu'à 23 h, plus de multiples temps consacrés à la musique, le sport, les arts...ici on dit souvent que les enfants travaillent plus que les adultes.
    Bien sûr, plus tard, il y a le parcours du combattant inévitable pour entrer à l'université et qui ressemble un peu à notre système de concours. les étudiants recalés la première année qui passent une deuxième de bachottage sont appelés "rônin", comme ces samurai sans maître qui erraient dangeureusement de village en village dans une précarité absolue après la fin des conflits de shoguns. C'est dire si sorti du cursus on est assimilé à une situation de danger. Enfin, les années universitaires sont le dernier temps de tous les excès ( ou presque ), avant de rentrer définitivement dans le corps des travailleurs, pour de longues années.
    Une fois retraités, et ils sont de plus en plus nombreux,  jusqu'à présager d'un risque économique majeur pour le pays, peu se reposent vraiment. Beaucoup de "petits boulots" qui n'existent pour ainsi dire pas en France les concernent, comme guide dans les parkings, ou agent de sécurité dans  le service des urgences ( véridique ! ). Tout ça sans heurts, ou presque, pas de grèves qui sont mal vues de tous, et une faible estime de la capacité française dans le domaine du travail avec le bon vieux stéréotype : " les français sont des fainéants ".
    Et les femmes? si on suit un autre stéréotype, elles ne travaillent pas, elles. Pour l'heure, elles vivent la même chose que les hommes jusqu'à la sortie de l'université. Certaines travaillent comme les hommes, même s'il est vrai qu' après le marriage elles s'occupent souvent du foyer, pour l'essentiel. Mais la conjoncture est rude, un enfant coûte très cher, ses études aussi, puisqu'il faut le meilleur. De plus, on consomme beaucoup, et de tout. Alors souvent, les femmes quadragénaires se remettent au travail, souvent dans le service, le commerce ( caissières, serveuses )...certaines prennent plaisir et sérieux à se former dans divers domaines, et pas si rarement, dans l'apprentissage du français pour aller en France, je veux dire Paris, l'eldorado. C'est ainsi que vanessa dispense des cours de français pour une classe de plus en plus nombreuse ( ci-dessous photo prise il y a quelques mois ).
    Il est très facile de critiquer, à la limite du mépris, ces éléments. Il faut aussi se dire qu'au Japon, on n'a pas recours aussi facilement à la sacro-sainte critique française, et qu'on préfère s'en tenir aux faits. On pense pragmatiquement : il faut travailler dur? d'accord. A-t-on raison de crier au scandale? pas si sûr. Ce dernier week-end, à nikko, défilaient mille figurants en tenue de samurai pour rememorer un passé pas si lointain de la grandeur du shôgun, ou déja, le clan se soudait presque aveuglement autour de son chef avec un engagement passioné. Difficile de dire où est passé ce chef exactement, aujourd'hui. En attendant l'engagement est le même, pour chacun, c'est vital. Ainsi titre une publicité à Tôkyô : " vous êtes ce que vous consommez ".

Publié dans kaniga

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

annie 31/05/2007 03:28

Bien appréciés les commentaires sur le spectacle des "sumos", heureux de savoir Yannick et Vanessa réunis, bon séjour au pays nippon, et continuez bien vos découvertes du pays et des ses habitants.

Jb 22/05/2007 02:10

Quoi ?!! Pas de parti communiste au japon ?!! C'est quoi ce bronx ?!! :pEt avec un retard à la limite de l'excusable, bon anniversaire Vanessa.Le kimono te va trés bien (les cheveux longs aussi d'ailleurs).

benoit 31/05/2007 03:31

mais si il y a un parti communiste au Japon ! mais il a compris que le travail c'est la santé, voilà tout...on arrête pas de vous le dire !vanessa te remercie, pour le kimono aussi mais on va attendre de gagner au loto pour s'en acheter un vrai