Sur les traces de Basho

Publié le par benoit

    Les difficultés inhérentes à l'élaboration d'une thèse à l'étranger avec des entraves à la communication, un flou sur l'objet d'étude, plus une curieuse japonisation du comportement de l'auteur qui vit un apparenté d'"overwork" ont rendu plus que nécessaire une mise au vert, même temporaire. Nous avons donc décidé de prendre un long week end de vacances. Et pour aller où ? eh bien pour le nord, le " tohoku ", arrière pays du Japon souvent moqué pour son développement soi-disant poussif et  sa connotation bouseuse.  Bien entendu il y fait encore plus froid;  l'idée était qu'on éviterait les grandes foules sur les lieux touristiques.
    C'est une bonne partie du Japon quand même. Nous avions ciblé Sendai, sa capitale, et la région autour puisque d'une part la distance était compatible avec un court séjour et d'autre part s'y trouve une des attractions principales, un des trois hauts lieux du Japon, la baie de Matsushima. Basho s'y extasia lors de son passage dans la région et participa de fait à la réputation de l'endroit. Il évoquait la sérénité. C'était ce que je cherchais.
    On monte dans un train local partant d'utsunomiya un jour de pluie. Ca nous est bien égal, vu le temps, de faire plus de 4h d'omnibus pour arriver à Sendai. Du moins c'est ce qu'on s'était dit. En vérité, c'était un peu pénible, le choix du shinkansen pour le retour ne faisait pas de doute.
    Comme on a un esprit d'aventure, on passe un heureusement court moment à chercher une chambre en ville, n'ayant rien réservé. Il en reste une dans un business hotel, sauvés. Puis on se ballade en ville, explore ses grandes avenues bordées de grands centres commerciaux...rien de bien nouveau quand on a visité tokyo. Le plaisir a quand même été au rendez-vous lors d'un diner au 30ème étage d'une haute tour avec vue sur les lumières de la ville; ça, on ne s'en lasse pas.
    Le lendemain justifie à lui seul le week end. On visitera en prenant le temps Matsushima, son village qui garde encore un côté pêcheur, le temple qui a abrité Masamune et le clan date au bord de l'océan,  et bien sûr, la baie elle-même et trois des îles accessibles. Bien que n'ayant jamais mis les pieds dans la baie d'hallong, j'y vois une ressemblance. La baie d'eau claire est parssemée d'îlots rocheux sculptés par le vent, bien présent ce jour là, essenteillement recouverts de pins. C'est très grand. c'est Beau et paisible. c'est parfait, surtout quand il n'y a pas trop de touristes. Les trois îles accessibles abritent en plus des stèles, temples et reserves botaniques. Un régal que de voler en vélo d'une île à l'autre en savourant une yakitori de fruits de mer du jour à la pause déjeuner. Quand au temple sus-cité, il abritait entre autres une belle collection de panneaux d'origine ou restaurés finement décorés par les artistes du clan, dorés pour ajouter de la magnificience aux pièces, de la salle d'attente des médecins à la grande salle de reception des samouraïs. On s'y plonge facilement.
    On en rajoute en se promenant le long d'une plage déserte quelques stations de train plus loin, puis en jouissant d'une vue panoramique du haut d'une colline sur la baie et les environs, après une marche forcée dans le vent  de quelques kilomètres qui a troublé la sérénité et l'harmonie  entre les voyageurs, pour un temps seulement. Basho voyageait seul. facile.
    Le lendemain, après avoir goûté à la vie nocturne et raté un concert de stevie wonder ( argl ), on abandonne l'idée d'un long déplacement plus avant dans le nord pour lui préférer une plongée dans les bains d'un onsen en nature. Aller et retour pour la station akiu onsen, à une heure de là, en montagne. Dégustation de mon premier mocha, lavé de mes impuretés et groggy après notre passage par le onsen. Visqueux, mais délicieux, le mocha. Encore un de ces hotels qui cultive l'art des grands espaces intérieurs assez dépouillés, fond sonore classique et onsen " recréé " pour l'agrément. Zen mais pas tout à fait. pas de quoi composer un haïku.
    Nous vous mettons des photos dans les post suivants. S'il y a des commentaires sur mon bonnet et mes lunettes " pour faire genre ", sachez que c'est pour ne pas entendre vos sarcasmes et mieux voir vos sourires concupiscents.

Publié dans kaniga

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