Nouvel an japonais

Publié le par benoit

    Que font les japonais pour le nouvel an? après avoir fêté noël en couple, préparé le mochi-tsuki à grands coups de maillet, et absorbé pas mal de bière et de saké entre amis pour oublier l'année passée, c'est l'heure du recueillement. Des hordes nippones envahissent alors les gares pour retourner à la campagne, au giron familial, pour se retrouver en aspirant des nouilles de soba. Ce qui correspond, à quelques détails près, un peu plus à notre noël à nous autres français.
    En ce qui nous concerne, étant orphelins au Japon, nous avons profité de l'invitation de mr H, celui-là même qui nous avait montré une tokyo flambeuse. On avait d'abord décidé de passer un jour ou deux à Tokyo avant de retrouver ko pour partir pour Niigata et les stations de ski.
    On arrive à Tokyo non sans mal, après trois heures de trajet soit plus du double qu'à l'habitude, eh oui parfois les trains japonais si réputés prennent aussi du retard...mais venant d'un pays où ce genre d'évènements est un sport national, ça n'énerve pas plus que ça...l'hotel bandung nous ouvre à nouveau ses portes, c'est un bien petit hotel de voyageurs, pas franchement luxueux, mais pratique. En plus il y a des mangas un peu frippons à disposition pour l'amateur, alors on est sûr de passer une bonne soirée!
    Finallement, shinjuku, on en redemande ! et la seconde visite est encore plus agréable. Moins perdus, on se régale à repérer les petits coins sympas, moins préssés, on tente plus l'aventure à la recherche d'un cinéma des grands magasins aux rues clignotantes du quartier des plaisirs. Ce sera une petite déception, on ne trouve que des séances ayant eues lieu dans l'après-midi, trop tard pour aller voir james bond...ça n'empêche pas qu'on se plaît à déambuler parmi cette foule immense dans des rues saturées d'enseignes lumineuses, parfois de fumée de restaurants aux parfums "asiatiques". On trouvera même une petite terasse sur une place, rarissime dans le quartier, le nom de la gargote est une fois de plus en français "maison". Puis, plus tard, étant très éloignés de l'hotel, on écarte l'idée d'aller voir un concert dans un rade pour se diriger vers la gare, où pour notre bonheur un groupe de j-rock faisait un live à côté de la rue, avec de petits moyens mais un public enthousiaste ! " jack rose " se compose de cinq jeunes nippons, avec une allure, des coiffures et une gestuelle qui rappelle directement les années 80, bowie, yngwie malmsteen, kiss sans le maquillage...le ramage s'accorde tout à fait avec le plumage, sauce japonaise en plus avec de longs morceaux, de nombreux changements de mesure et d'atmosphère, des transitions brutales en fait (comprenne qui pourra ) et un chant époumonné mais pas rocailleux pour un sou. Le spectacle est aussi dans l'assistance, composée d'un échantillon du fan club et de passants, mais, surprise, tout ce monde se met à reproduire la chorégraphie...des clips?..., presque excusivement avec des mouvements des mains. On avait entendu dire que justement à shinjuku on dansait avec les mains; aucun rapport peut être. Nous aussi on essaie, mais la signification des gestes est très obscure donc pas franchement automatique, et on abandonne. Il n'y a guère que le poing levé avec saut sur place que je connaissais, le reste...
    le lendemain on se décide, pas franchement en même temps, pour aller visiter Kamakura. Cette petite bourgade est de l'autre côté de Yokohama, pas bien loin déja de Tokyo. son intérêt touristique réside dans son complexe de temples zen, la plupart édifiés quand minamoto à pris le pouvoir et a fait de cette ville la capitale, pour quelques années. Ca a coincidé avec la présence d'un maître zen très apprécié.
    On ne verra pas grand chose de Yokohama au passage, juste une impression de béton à l'infini. Arrivés à Kamakura, on découvre un paysage de campagne au relief plus montagneux ce qui fait une grosse différence avec la veille. On se ballade et on enchaîne une succession de temples surtout, d'inspiration zen qui contrastent d'évidence avec les sanctuaires de Nikko, bien plus luxuriants et clinquants. Ici c'est le bois nu, un peu de bronze et des jardins qui dessinent des kanjis spirituels. On est là  pour le recueillement et pas pour en mettre plein la vue. La preuve que ça marche, on fera une offrande à bouddah suivant un rituel du cru. Le nombre de temples est bien trop important pour une visite en une journée, bientôt on se dirige vers le centre ville en passant par le grand sanctuaire shinto si apprécié de minamoto et des canards bien nourris par les visiteurs.
    Pour des raisons diplomatiques, on se devait de retourner à shibuya dans l'après-midi...pour quelques emplettes bien sûr, et pour y passer la soirée. A ma grande surprise, c'est finallement agréable tant qu'on évite de faire trop de grands magasins; le lieu fourmille aussi de bars et restos, autres salles de concerts et cinémas qu'on ne voit pas en faisant du tourisme. En suivant des japonais on trouvera ainsi un beau bar branché, inspiré, lounge de gauche ( c'est ce qui me vient à l'esprit ). malheureusement on n'y reste pas la nuit, pas décidés à finir dans un café manga ou dans un love hotel ( mais ça va venir ).
    c'est le jour du départ. on retrouve avec un peu de mal ko à la gare de Tokyo qui nous avait réservé les billets de shinkansen. On mettra une heure et demie dans ce grand train très froid mais confortable, avec vue dégagée sur le fuji yama enneigé s'il vous plaît, pour gagner la station Yusama onsen, autour de laquelle l'on trouve plusieurs petites stations de ski et, bien sûr, des onsens ( des bains ). Il neige, il fait nuit, il fait froid. Une voiture de l'hotel vient nous trouver, bien dépêchée par notre hôte hypomane.
    Une suite nous attend dans un grand hotel qui dispose de son propre domaine skiable. Bonne nouvelle, l'hotel a son propre onsen, bains séparés, idéal au retour du ski. Tout cela est bien confortable mais un peu vide le premier jour, on découvre des couloirs vides et des salles de restaurant idem qui donne une ambiance comme dans " shining ".
    On commence notre première journée ski dans la station de l'hotel. Il neige bien, donc bonne neige mais froid et visibilté pas supers...les stations du coin sont toutes du modèle de celles des pyrénées, donc petites et pas très originales, mais on ne va pas se plaindre! D'ailleurs, on oublie un peu qu'on est au Japon sur les pistes; on reprend conscience devant le poulet curry du restaurant d'altitude. Ce soir-là, mr H accompagné de deux de ses amies que sa femme ne connaît pas invite tout le monde dans un ryokan excentré, reproduisant fidèlement et dans l'architecture, les matériaux, et dans les us un établissement traditionnel séculaire. l'endroit est magnifique, encore mieux que dans kill bill 1 pour les plus jeunes. La neige tombant sur la forêt et les petits ponts de pierre à côté des barraques en bois aux panneaux coulissants...après le repas ultra-traditionnel avec des mets bizarres que même ko ne connaissait pas, on se reposera avec vanessa dans un bain privé, en extérieur sous la neige...féérique! Plus tard encore, c'est le retour à l'hôtel, mr H nous dit bonsoir, enjoy, on ferme la porte, ko nous dit que ce dernier part demain pour Tokyo, nous ne le verrons plus  de ces cinqs jours.
    On reprend le ski le lendemain à Gala, petite station bénéficiant de beaucoup de pub auprès des tokyoïtes pour venir y passer le week end. Effectivement c'est pas mal, bonne neige et belle vue ( cf photos ). Vanessa s'initie aux skis et s'en tire plutôt bien. Pas fatigués, on décide de descendre en ville  ( si on peut dire ) pour trouver un resto. Ko nous propose un izakaya, " taverne " où les japonais aiment bien y déguster la cuisine pour accompagner le saké et la bière, c'est comme ça. On opte pour une enseigne avec un énorme tanuki ( cf l'animé pompoko ), animal sympathique et mystique. Accoudés au bar, tantôt phagocytés par le voisin qui a laissé sa famille pour vider son sac  aidé par une bonne bière, tantôt partagant de délicieuses portions de tapas japonais ( beignets de poulpe, boeuf à la bière, sashimis de thon gras (donc meilleur) )....on passe une bonne soirée. C'est un peu guillerets que l'on remonte à pied le chemin menant à l'hotel, chemin faisant voulant prendre un bain de pieds chaud assis sur un banc prévu à cet effet, mais trop tard...c'est en bas des pistes éclairées par une descente en flambeaux puis un feu d'artifice que nous passons les douze coups de minuit alors qu'en France on prend le café. Enfin, tradition oblige, on accompagne la foule qui se presse religieusement au temple du pays, éclairé par de seules lanternes à contrario de nos esprits. Prière pour l'année 2007. Coucher tardif.
    La suite du voyage développe chaque jour comme variante des jours précédents; onsen, ski, izakaya, uno...le retour à Tokyo, toujours avec cette cohue. Demain, cette foule reprendra son rythme de travail, pour beaucoup d'hommes, celui de la course aux soldes, pour nombre de femmes. Un instant, pour faire poète, il nous a semblé voir des familles.
   
   

Publié dans kaniga

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Jb 04/01/2007 13:25

Si vous tentez un Love hotel je veux des photos !! (Naaan pas de vous deux sous la couette mais de la piaule :p )
Sinon, comme d'hab' ça donne encore plus envie tout ça... Petite pointe de jalousie là ^^
PS: C'est quoi un lounge de gauche ? :p