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  • : C'est l'histoire de vanessa et benoît qui décident de partir au Japon. Pour lui, un rêve adolescent et l'expérience d'un décentrage. Pour elle, le goût du voyage et pas forcément celui du saké.
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Mercredi 20 décembre 2006
    La vie se poursuit à Jichi. Les japonais font bien savoir que noël approche. Si cette fête importée ne correspond à rien de comparable avec ce dans quoi nous baignons depuis l'enfance, ça ne les empêche pas de mettre le paquet sur l'ambiance en ce qu'elle a de kitch et de pimpant. Je m'explique : partout, dans tous commerces, gares, c'est les chants de noël, version instrumentale avec une compulsion à la répétition qui frise le lavage de cerveau. On croise toujours des maisons complètement décorées ( jolies la nuit ) et des camionettes de dépannage au détour d'une rue qui vous assènent un bon "jingle bells"...ça, on peut dire que l'ambiance est là! curieusement, les japonais passent ce soir-là en amoureux, avec des amis mais pas en famille.
    Et à l'hôpital? idem. j'ai eu le plaisir de participer à la soirée de noël donnée dans le service même, nappes blanches et musique, bien sûr. L'equipe soignante organise la soirée qui prend une tournure colonies de vacances; nous auront droit à une pièce de théâtre en déguisement de situation ( psy en sapin de noël..), des jeux avec des ballons, un bingo (perdu) et..la distribution de cadeaux! Je dois dire que j'avais tout simplement du mal à immaginer pareille chose en France. Pas dans nos services, je crois. Tiens, puisque je parle de l'hôpital, on nous a grâcieusement invités à la soirée de fin d'année " bo nen kai ", évenement typique japonais qui consiste à partager un nouveau repas et une nouvelle beuverie avec ses collègues de travail pour " oublier les mauvaises choses de l'année et s'en souhaiter de bonnes ". Le bus nous prend à la sortie de l'hosto, direction utsunomiya où nous attend une table alliant moderne et traditionnel dans une très belle salle en pierre et poutres apparentes, lumière tamisée..ultra luxe. Le repas est ponctué de nombreux discours, pas mal en notre intention; en effet, à nouveau, on nous présente à l'assemblée et nous souhaite la bienvenue. je ne ppourrai pas couper à mon tour à l'exercice du discours qu'il faut manier ici aussi souvent que possible. J'ai bien essayé d'agrémenter le mien, en anglais, de quelques ponctuations en langue locale, mais mon choix d'un discours bref mais concis semble les avoir laissés, peut-être, sur leur faim. Heureusement ça ne les a pas empêchés de se prendre quelques bières, vins italiens et sakés divers ( moi non plus ), toujours pour faire connaissance " à la japonaise ". C'est aussi au cours de ce repas que nous aurons le privilège de goûter pour la première fois au " fugu ",vous savez, le poisson qui tue. Mon voisin de table, romain, français ambassadeur de son pays à utsunomiya et invité par les soins du professeur bien content de faire se rencontrer des français, n'oubliera pas de me rappeller cette particularité, un peu sournoise il faut dire, de ce poisson qui, probablement furieux d'être considéré comme un des plus laids faciès qui peuple nos vastes océans, a cru bon de sécréter une toxine qui le rend inmangable pour le pêcheur non avisé. Cependant, passé entre les mains de l'expert, puis transformé en chip et servi dans mon assiette, et bien...c'était délicieux.
    La suite de la soirée est typique si j'en crois à nouveau mon voisin; après remise de bouquets de fleurs en notre honneur, à moi et vanessa, applaudissements tout ça, une frappe de mains tous ensemble signe la fin de la soirée, tout le monde dans le bus sans que je puisse finir mon dessert, retour à jichi : 10h30, parfait, on est dans les temps. On repart avec d'autres promesses d'invitations dans telle clinique, tel week end chez tel docteur, en plus du contact avec la francophonie locale...on ne sait plus par où commencer!
    Si vous avez bien lu le titre, vous avez du remarquer le "rock'nroll". C'est hors sujet medecine, quoique, mais j'avais par ailleurs mis une petite annonce pour chercher un groupe à utsunomiya. Je fais de la guitare, et je ne pouvais pas être au japon sans tenter l'aventure. J'ai comme idée pré-conçue un japon hyper créatif, parce que c'est bien connu, le japon c'est que des gens en cravate qui se jettent par les fenêtres et des ados aux cheveux colorés qui ne rentrent pas dans le moule, se prostituent et sont très créatifs..bon, voilà qu'on m'appelle! après beaucoup de difficultés toujours languangières, j'ai un rencard avec une japonaise. Surement qu'elle a les cheveux colorés et qu'elle va me proposer un moment tendre contre un pécule. L'esprit agité ( et un peu excité il faut se l'avouer ) par ces pensées toutes prêtes à l'emploi, je patiente au rendez-vous. L'excellente ponctualité nippone infiltre tous les niveaux même les plus déjantés, et ma japonaise écorchée vive va arriver.
    C'est une japonaise bien apprétée qui ne présente pas de scarifications multiples qui vient me chercher dans une belle berline. Je dois lui rappeler son petit frère. Elle ne parle pas anglais ni français bien sûr, je comprend qu'elle me propose de boire un verre, nous partons je ne sais où, elle me tend un flyer sur lequel on voit écrit " une nuit de folie " ou un truc du genre, écrit à côté d'une photo de femme en bas résille, me dit qu'elle y travaille...ça y est, vous êtes dans ma tête? la vitre abaissée, je contemple les lumières de la ville qui défilent, coude dehors comme les durs, l'air sérieux. Un signal que j'en ai vu d'autres.
    Le suspens a assez duré. Au final, elle est chanteuse de rock, c'est sa vie, elle la gagne comme elle peut en se produisant dans des bars de charme. Elle souhaite refaire un groupe pour une nouvelle expérience. Et ça durera le temps que ça durera; demain n'est toujours pas arrivé. Ca, c'est rock'n roll.
Par benoit - Publié dans : kaniga
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Dimanche 10 décembre 2006
    Nous sommes retournés à Tokyo ce week end. plus longtemps cette fois, m'étant éclipsé du service le vendredi dès midi. On a logé à Asakusa, hôtel Bandung, recommandé pour les petites bourses et fournissant le strict nécessaire; j'ai pourtant apprécié cet hôtel qui pour la première fois depuis notre arrivée au Japon nous a permis de dormir dans un lit double! ça paraît fou comme ça mais on a souvent eu droit à des lits séparés...et puis, pas de couvre-feu, alors...on devine la suite...
    J'ai appris récemment par des reporters bien infiltrés au pays que le temps y était plus hivernal. Il faut dire que ce retour à tokyo s'est fait au début sous la pluie et avec un froid de fugu. On a opté pour l'option visite urbaine, en route pour ginza, secteur le plus huppé et qui doit ressembler à tous les autres quartiers équivalents à paris, new york...bien sûr des grandes marques partout...pourquoi là-bas? d'abord, sur le plan, ça avait l'air proche du centre de tokyo et son palais impérial. ensuite, il paraît que c'est sympa de visiter le sony building et ses merveilles electroniques. Puis c'est ginza, quand même! On a mangé dans un bon pt'it indien, son patron affichait partout et dans toutes les langues son livre sur ses mémoires d'un " combattant indien de la liberté au japon ". en tous cas, il combat vite le poulet qui n'a pas le temps de faire "cot" qu'il finit déja dans votre assiette. rudement bon! Après, c'est les rues gorgées de monde, des grans magasins partout, de l'argent, tant d'argent...un détail sympa, le week end les grandes avenues sont fermées aux voitures, ça donne un air catastrophe de voir les japonais courir dans tous les sens...très décor de cinéma !! voyez les photos...
    Pour la soirée, on voit Ko, un bon copain psy d'Okinawa, qui était venu en france faire des études de droit il y a deux ans. Sur tokyo pour préparer l'invention des UMD au Japon, il nous attendait à l'impérial hotel, somptueux palace qui nous a de suite donné le ton de la soirée : lost in translation le retour. C'était un autre monde d'abord parce que c'est au japon et ensuite parce que c'est une sphère sociale qu'on ne devait pas connaître normalement. Avec vanessa on se regardait dans le lodge, un peu dépareillés ( pas de quoi faire tâche  dans le décor quand même ! ), cotoyant des stars peut-être, après tout dehors se trouvait une foule attendant l'arrivée d'une voiture...je reconnaît ko après un temps, il s'est laissé poussé les cheveux le bougre ! il nous accompagne tout de suite à un restaurant panoramique dans le palace même, table reservée dans une pièce réservée pour nous seuls, le patron qui se déplace pour nous saluer...? mais que se passe-t-il? la réponse se trouve dans la personne qui nous invite, un chirurgien psychiatre ( on peut cumuler les mandats au japon ) jubilatoire, personnalité du coin presque hypomane. Nous arrosant de gigondas il nous assène de  " enjoy japaaannn !!! " et s'écroule de rire quand on lui décrit le coin où nous vivons. Je dois dire qu'il y a un fossé énorme entre les deux mondes. Bien sûr, un peu japonais, je me sens un peu gêné, honteux...je ne sais pas...d'habiter une campagne sans intérêt, peuplée de japonais qui ont en plus un accent ignoble? ça me rappelle une façon de voir connue.
    Toujours est-il que l'on se laisse prendre par cette soirée en queue de pie. Le jovial psychiatre plus que généreux nous invite même à venir skier à niigata quand on le désire et se reposer dans son hôtel, d'ailleurs il y a des chances qu'on y passe le nouvel an, avec ko. Plus tard, on fait rouvrir un restaurant, comme ça, rien que pour nous, pour...une glace à la vanille. enjoy japan ! nous sommes invités à découvrir la vue splendide  de tokyo et ses lumières, par la baie vitrée d'un appartement " japanese standard style " au 48ème étage d'une tour en plein centre de la ville. enjoy japan !
    La suite, c'est la classique sortie nocturne à roppongi, le tokyo de la nuit. Tous trois, avec ko, on écumera les bars jusqu'a tard. Ce quartier-là est entièrement dédié à cette occupation, c'est bourré d'occidentaux et de japonaises venus chercher ces derniers, parfois bien maquillées et très court vêtues. On rencontre clint et son amie julia, plus david au japon depuis deux ans. on promet de se revoir. les détails de cette soirée sont difficilement racontables. je prends une cuite monumentale.
    Enjoyed japan ! le lendemain, lever matinal pour ne pas passer la journée à l'hôtel...enjoy la gueule de bois! cephalées, nausées, deshydratation mixte grave, vertiges..tous les symptômes sont présents. C'est, en boîtant pour moi ( pourquoi?), que nous quittons asakusa pour prendre le soleil près du palais impérial. La place forte est impressionante, on ne peut distinguer qu'une infime partie de la résidence de l'empereur. Après une bonne marche nous prenons un repos bien mérité dans la partie visitable du jardin impérial. j'y ai beaucoup apprécié la pause sous de beaux arbres protecteurs, vue sur le lac, avec une légère brise qui faisait danser les feuilles mortes. Une autre façon d'enjoy le japan! on repart enfin vers ueno, gare principale pour le retour, via akihaburo, la cité electronique, on l'on trouve tout dans ce domaine ( et le paradis pour les maniaques de l'animé et de jaux videos ) sauf le dico electronique avec notice non japonaise et vocabulaire medical. il faudra y retourner voir. On aura au moins pu y apprécier le spectacle de jeunes filles déguisées en héroine de l'animé, malheureusement ici pour un but commercial semble-t-il.
    Ca fait un week end bien chargé. comme un coup de folie. je continuais, dans le train, à recevoir des mails : " please, enjoy japan ".

 
Par benoit - Publié dans : kaniga
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Dimanche 3 décembre 2006
    Ce dernier week-end on a poussé notre insertion dans la société nippone. ça a commencé par une séance coiffure pour mézigue, parce que ça devenait urgent et qu'on a pas le choix...faut bien y aller...on a choisi le salon "espoir" par pur hasard bien sûr, et je me suis porté volontaire pour inaugurer.
    c'est un sympathique coiffeur à casquette qui s'est longuement occupé de moi. La prestation est vraiment un cran de plus par rapport en france. massage crânien long et varié ( pour moi c'est une des raisons d'aller chez le coiffeur. après c'est surtout pour les autres ), avant et après coiffage...le plus sympa bien sûr c'était le choix de la coupe. j'avais sous les yeux un catalogue de minets aux cheveux façon star du rock années 80 jusqu'aux années techno. pour les traditionnalistes, oubliez la raie sur le côté. Ca ne m'arrête pas, alors en avant! le résultat n'est pas tant exubérant...je vous laisserai en juger...pour info ils coiffent aussi nos contacts, ça prouve bien qu'on est dans une petite ville.
    Dès vendredi débutait à Utsunomiya ce fameux congrès, pour deux jours. La star en était le Professeur Rolf Verres, psychiatre chef de service et ( éminent?) pianiste de son état, compositeur etc...j'y suis allé seul tout vendredi, ça aurait achevé vanessa. La matinée a été plutôt éprouvante bien sûr à cause de la barrière de la langue pour les conférences; cependant je me suis surpris à comprendre les grandes, grandes lignes. un progrès! petite note ethnique : le japonais en congrès n'hésite pas à inventer le " lunch seminar " ou comment ne pas perdre de temps et, sans pause à partir de 09h du mat, manger un bento tiède sur son siège en écoutant le " conférencier de midi " qui a le rôle ingrat de stimuler les neurones quand on stimule les papilles. je ne sais pas si c'est ça, mais mon bento n'avait pas trop de goût.
    Heureusement après m'être éclipsé je retrouve koichi qui fait partie du "staff" ( comme moi :) ) et qui me présente un autre de ses collègues assistant social dans une ville au nord-ouest. ce dernier tient à nous inviter en janvier chez lui, nous présenter sa femme maîtresse ex ikebana et kimono...plutôt sympa, non?
    L'après-midi j'écoute la conférence du professeur occidental, en anglais, avec grand plaisir d'abord parce que les propos rapportent à l'exercice humaniste de la profession et surtout parce qu'enfin, je comprends! Bref tout ça vous importe peu, la suite est plus cocasse. La journée finie, on se retrouve avec vanessa au buffet dinatoire, je remercie le conférencier de sa prestation, lui propose une reflexion ( j'ai des idées qui viennent comme ça, des fois )...il me regarde avec des yeux dubitatifs...une relation d'admiration réciproque est née. Dans ces moments là tout l'art est d'assumer jusqu'au bout au lieu de se saisir d'un verre en regardant le plafond, souvent ça se termine par un " ahh....so, so " du genre " je n'ai rien compris mais comme tu sembles y tenir ".
    Un cortège se détache, déja fortement dégrisé, direction le resto ultra traditionnel japonais. Et là, c'est la véritable caricature du repas de service comme dans les films, ceci dit dans un endroit magnifique, avec une cuisine folle, les collègues en costume bourrés qui rigolent, la cuite avec le prof kato, le prof verres, bref comme ils disent " c'est la façon japonaise de faire connaissance ". très bonne soirée ! on retournera à l'hotel cuver le saké le restant de la nuit. Pour info, le saké ne donne pas mal à la tête ( consommation raisonnable bien sûr ).
    ON a pris la journée du samedi pour se ballader dans le centre d'utsunomiya, bien plus animé et commercial qu'on ne le croyait. je me suis même trouvé une petite guitare !
    Le lendemain, on expérimente un dimanche à jichi. tout est ouvert, mais bon...il faisait un froid de canard, on a voulu jouer au badmington, trop de vent...farniente! parfois, il faut se contenter de plaisirs simples.


Par benoit - Publié dans : kaniga
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Mercredi 29 novembre 2006
    Je ne vous avais pas encore parlé de mon emploi du temps. Ma présence dans le service n'est pas obligatoire, plutôt devrais-je citer les squatteurs Myris : ma participation est libre mais nécessaire. J'ai un petit bureau prévu à mon effet ou je passe un bout de temps à lire les articles en non-japonais du service et à potasser la langue. De temps en temps j'ouvre un bouquin. Bon bien sûr il y a la pause café qui dans mon cas est régulière, mais je ne m'y eternise pas même si c'est l'occasion d'échanger, parfois.
    Sinon, je mets la blouse avec mon beau badge sur lequel est écrit mon nom en katakana " banoua pidjé " et je passe les portes du service. à moults occasions. Je participe aux séances de thérapie collage " collage ryôhô " ( origine française ?), peinture et musicothérapie " ongaku ryôhô ". Cette dernière est franchement un moment mystique puisque je me retrouve à accompagner comme je peux  des patients chantant à l'unisson ( surtout les mieux organisés ) en japonais bien sûr, sur des airs que je ne connais pas, les paroles encore moins qu'il faut déchiffrer en même temps. Unique.
    Les moments les plus ardus sont les séminaires où l'on parle vite, les flash le matin idem, les présentations de cas...ces dernières se déroulent devant presque toute l'équipe, avec entretien du patient après présentation, puis le diagnostic est posé " officiellement " de manière collégiale. ça prend un temps important. C'est là que je peine le plus. J'attrape des mots au vol, je tente une intégration intuitive à la situation et à la présentation physique du patient et...ça ne marche pas à tous les coups. Yukkuri, yukkuri, on y arrivera.
    Une fois par semaine les labos présentent devant l'équipe, rapidement. Il y a peu de discussion autour et on se régale de bento ( plats préparés ) après. Le ton est très respectueux chez les représentants...je ne vois pas les homologues toulousains faire de même ^_^
    sinon, bien sûr, il y a la visite, tout ça...on l'abordera dans un autre post, faut faire dodo.
Par benoit - Publié dans : kaniga
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Lundi 27 novembre 2006
Il pleut dru. je parcours à vélo les trajets de l'hôpital à chez moi. bien sûr, j'arrive trempé. je discute avec mon professeur du sujet de thèse et je dois bien constater que l'on avance lentement, que la tâche est ardue. lors d'un séminaire sur searles, j'ai la bonne surprise de voir qu'un collègue a transcrit pour moi les kanji en hiragana, mais le vocabulaire reste très spécialisé et j'ai l'impression de les ralentir. en fait j'accuse un contre-coup, là. dur dur les lundi. on experimente ce si different mode de communication avec les japonais comme dans le roman d'amélie nothomb; par exemple en parlant trop vite j'ai rappelé au professeur qu'il devait chercher du travail pour vanessa lors du congrès de ce week-end, alors que j'aurais du le laisser venir, et n'ayant pas d'idée mais ne pouvant répondre par la négative, il m'a trouvé " un travail facile mais important " c.a.d remplir le verre d'eau du conférencier avant la conférence. voilà. et je comprend que ce travail ne dise pas vraiment à la demoiselle. ..
je ne m'en fais pas, tout cela fait partie de futurs bons souvenirs. haut les coeurs!! ganbatte ganbatte ! question : le " ganbatte " est-il, en tant que signal social d'encouragement nécessaire à ne pas fléchir, un facteur prédictif de décompensation anxieuse ou depressive en progression au Japon?
Par benoit - Publié dans : kaniga
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Lundi 27 novembre 2006
Et pour cause! si vous décidez d'arpenter les deux grands quartiers commerciaux de cette ville folle deux journées durant et en plein week-end, ben faut de bonnes guiboles.
On a eu cette idée judicieuse d'abord parce que certaines n'avaient rien à se mettre et ensuite parce que c'est une bonne introduction, que dis-je plongée dans l'univers tokyoïte. effectivement on en a pris plein les yeux, foules denses, marées obéissant tout de même à une logique stricte dans leurs déplacements, enseignes géantes et omniprésence du pouvoir de le consommation...on a bien du traverser une dizaine de grands magasins style galleries farfouillette plus quelques boutiques underground qu'on a eu du mal à trouver. à ce sujet, j'ai préféré shinjuku à shibuya, trop " fashion victim "...
Heureusement on a pris l'air dans un joli parc ma foi, celui de shinjuku, jouxté de gratte-ciels façon central park ( jamais vu mais j'immagine comme ça ). on voyait les japonais photographier à gogo les témoins de l'automne, branches d'arbres aux feuilles éparses, dégradés de couleurs ocres...voyez ça rend lyrique!
Première nuit à l'auberge de jeunesse internationale, propre et surtout pas chère vu le coin, avec vue du 18ème étage sur le ciel de tokyo by night et ses lumières...on est sortis se ballader autour du tokyo dôme où ils disputent les matches de baseball; un groupe mythique s'y produisait, " l'arc-en-ciel" mais je ne m'étais pas renseigné..dommage !! on a regardé la jeunesse se mettre la tête à l'envers dans les grand huit puis retour avant couvre feu via un petit quartier plus traditionnel...
j'étais bien content et tout excité de recommencer un programme shopping le lendemain !! le bruit, les fringues, le paraître, j'adore...on a remis ça. sans succès, faut dire que l'on a trouvé deux catéguories seulement : les mêmes vêtements partout de moyenne confection et surtout portés par tout le monde, alors pourquoi choisir ? et ensuite des grandes marques, le tout difficilement accessible à nos bourses, surtout la deuxième catégorie..
la fois prochaine, donc bientôt, on fera plus dans le tourisme classique. des fois, ça a du bon. on ira voir des temples et des parcs.
...Curieusement, j'ai adoré cette ville.
Par benoit - Publié dans : kaniga
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Mardi 21 novembre 2006
    Wakanai ! voilà ce que je dis le plus souvent. " je ne comprends pas ".je travaille, si on peut dire, dans un service psy général qui possède en microcosme tout ce qu'on peut y trouver. pôle recherche avec son rat blanc, video, chambres d'iso, ateliers, salles de réunion et consult familles, salle de repos avec libre service de crackers japonais, internet bien sûr, bureaux d'études pour chaque docteur, le tout au même endroit! l'espace consacré aux malades est flambant neuf. ça ne crie pas et je me demande où sont les patients difficiles, ceux que je voie chantent tous en coeur, ne fument pas, ne détruisent rien, ne bavent pas non plus et pourtant on y traite l'ensemble des pathos. mais il doit y avoir un dôjô caché où ils se déffoulent..
    Je suis à disposition du Prof Kato, seul véritable interlocuteur en français, qui est pour l'instant très à mes petits soins. On me fait rencontrer des tas de spécialistes ( tous sont spécialistes d'une pathologie ou d'un atelier ), des étudiants, je ne sais plus qui est qui. on communique tant bien que mal avec mes rudiments nippons et les leurs anglais. on fait des dessins aussi. ça ne m'empêche pas de me tromper de jour, d'étage, de café ce qui fait rire les secrétaires ( au moins ! ).
    Pas de chance ? la mode locale est, une fois par semaine, de traduire et séminariser autour de Lacan. Kato est ravi de voir que cette célébrité française m'est totalement inconnue et donc de me l'apprendre! ainsi j'ai pu comprendre "l'Autre dans l'Autre " à travers le prestigieux modèle du donut, et j'ai même cru comprendre que le meurtre du père était choquant pour une pensée asiatique, en effet pour eux: les primates le font, non ? il me semble qu'on avait évoqué l'origine occidentale du mythe juste avant...voyez où je veux en venir? mais c'est sûrement une méprise...
    Avec les patients, pour l'instant, je colle, peint et chante !il y a bien deux patientes qui sont intriguées mais rien que de leur expliquer que je passerai les voir plus tard me prend une heure.
    je me régale.
    demain, je visite avec koichi sa clinique psy dans une autre ville. vanessa a la chance énorme de commencer un enseignement à la cérémonie du thé! moi ce sera plus tard.
Par benoit - Publié dans : kaniga
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Mardi 21 novembre 2006
    Il était urgent de découvrir l'autre Japon, celui qui nous fait tous fantasmer après tokyo, le traditionnel quoi ! ça tombe bien, à trois quart d'heure de la maison réside dans un bel écrin de verdure un complexe de temples, sanctuaires à la gloire de iyéasu Tokugawa, shogun qui aimait tellement son nom qu'il massacra ses proches pour que sa dynastie soit. que voulez-vous, à l'époque on faisait pas de détails. voila pour la seconde "culture".
    Un peu moins glorieux, j'ai commencé par oublier mon portefeuille ( je crois que ça n'étonnera pas certains ) dans l'appart. bien sûr ce genre de choses on ne s'en apperçoit qu'arrivé, une heure plus tard. Il faut aussi savoir qu'on s'est gelés, qu'il a plu tout dimanche, qu'on a eu tout juste eu le temps de visiter le complexe vu le retard pris le matin...pas grave !! c'était magnifique.. la fortune étant parfois bonne, on a même pu re-visiter le site de nuit, son et lumière discrets. un peu de magie.
    Le lendemain, on a poussé sans forcer vers le Chuzenki-jo, lac à la lamartine avec son lot de barques à effigie de canard (?!) pour les romantiques ^_^ et sa cascade de 90m où les coeurs contrariés se jettent à deux ( c'est le " shinjû " ou " voie coeur " ). pas de suicide ce matin là mais il faut dire que même de valeureux pinguouins ne s'y seraient pas aventurés. Le beau bleu lacustre était voilé par le brouillard...ambiance fantomatique! bref, retour transis sous la pluie à vélo enfin, couverture et télé japonaise.
    Plus tard je ferai un volet culture, cuisine, tout ça viendra! pour l'instant c'est comme les photos faudra attendre un peu mais..dan-dan !

   
Par benoit - Publié dans : kaniga
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Vendredi 17 novembre 2006
Nous sommes enfin arrivés.
je dis enfin, entre les avions qui ne décollaient pas pour cause de brouillard à Paris, les queues interminables dans les aéroports à cause des nouvelles mesures de sécurité, on a bien failli arriver le lendemain du jour prévu. ça ne nous a pas empéchés de passer ipso facto une nuit romantique dans un hotel anonyme près del'aéroport après avoir constaté qu'il nous manquait une valise ( surtout pleine de MES vêtements ). Si vous avez les moyens prenez la JAL d'ailleurs, très bonnes prestations à bord avec avant-goût du Japon...
    Les derniers jours on a été plutôt silencieux, il faut dire qu'on a eu beaucoup de mal à trouver un poste internet!! faut'l' faire ! Nous avons passé les premières nuits à Utsunomiya, ville grande comme toulouse mais sans attrait touristique particulier. Le temps de faire plein de papiers et de nous installer dans notre prestigieux appart de 25 m2 environ, quartier résidentiel et bien loin de tout ( la campagne, quoi !)..
    Personnellement c'est bien difficile de retranscrire nos impressions, comme ça. Le temps, pour commencer c'est bien non ? disons que pendant que vous mettez vos mouffles, nous on hesite entre le pull léger et la veste..ici c'est le " petit printemps ", soleil radieux quasimment tous le jours, mais la nuit tombe vite et le soir le vent de sibérie change la donne. Qui on voit ? plein de japonais. on a été présentés à plein de gens, du docteur au prof de français en passant par les familles respectives. tous ces gens donnent des cartes de visite, s'intéressent à d'où on vient et ont été adorables et très serviables. sans eux ... je préfère ne pas y penser. ce n'est pas avec mes rudiments de japonais que les évènements auraient pu si bien se dérouler.
    Pour l'insolite, on a été invités à un repas labo plutôt bien fourni ( en buffet ), alors là je peux vous dire que je n'ai RIEN compris. les prof. se sont desinhibés avec le beaujolais dont ils raffolent ( ce n'est pas une légende ). on a parfois l'impression de vivre à l'intérieur des mangas ou des films.
    Côté boulot, ça va être très dur. l'équipe est bien peu francophone et leur niveau d'anglais est étonnamment désastreux. ganbatte ! d'ici que le Professeur KATo me demande officiellement de traduire un texte de Lacan en Kanji...j'en frissonne ( de terreur ) !
    On va partir ce week end à nikko, première étape tourisitique ( kankô ) qui devrait nous enchanter pleinement.
 
 
Par benoit - Publié dans : kaniga
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