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  • : C'est l'histoire de vanessa et benoît qui décident de partir au Japon. Pour lui, un rêve adolescent et l'expérience d'un décentrage. Pour elle, le goût du voyage et pas forcément celui du saké.
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Lundi 21 mai 2007
     Devant la nouvelle tendance qui point en france à revaloriser le travail, les efforts et la récompense, il est bon de prendre exemple sur le Japon. Voilà bien un pays où l'on ne se pose pas la question de la légitimité du travail. Plus, c'est extrêmement valorisé et, en apparence du moins, pas si critiqué ( même si certains excès le sont officiellement de nos jours ).
     Le travail est d'abord lié à la collectivité. Pour vivre heureux, vivons ensemble et tenons-nous les coudes en retroussant nos manches. C'est qu'on n'a pas le choix, dans ce monde globalisé sans pitié, c'est une fatalité, il faut s'imposer pour ne pas être dominé. Dès le plus jeune âge le japonais est, on pourrait le dire brutalement, conditionné à donner de sa personne pour le travail. Après un "âge d'or" souvent décrit pour évoquer les premières années du bambin, où 'on jouit d'une liberté et de privilèges importants, c'est un très rapide endoctrinement au labeur qui commence. A la compétition aussi, même si il ne faudrait peut-être pas l'entendre au sens occidental " devenir meilleur que les autres " mais plutôt " rejoindre tel groupe " ( c'est un avis ). Il est impressionant de voir des enfants dès l'école primaire prendre des cours du soir parfois jusqu'à 23 h, plus de multiples temps consacrés à la musique, le sport, les arts...ici on dit souvent que les enfants travaillent plus que les adultes.
    Bien sûr, plus tard, il y a le parcours du combattant inévitable pour entrer à l'université et qui ressemble un peu à notre système de concours. les étudiants recalés la première année qui passent une deuxième de bachottage sont appelés "rônin", comme ces samurai sans maître qui erraient dangeureusement de village en village dans une précarité absolue après la fin des conflits de shoguns. C'est dire si sorti du cursus on est assimilé à une situation de danger. Enfin, les années universitaires sont le dernier temps de tous les excès ( ou presque ), avant de rentrer définitivement dans le corps des travailleurs, pour de longues années.
    Une fois retraités, et ils sont de plus en plus nombreux,  jusqu'à présager d'un risque économique majeur pour le pays, peu se reposent vraiment. Beaucoup de "petits boulots" qui n'existent pour ainsi dire pas en France les concernent, comme guide dans les parkings, ou agent de sécurité dans  le service des urgences ( véridique ! ). Tout ça sans heurts, ou presque, pas de grèves qui sont mal vues de tous, et une faible estime de la capacité française dans le domaine du travail avec le bon vieux stéréotype : " les français sont des fainéants ".
    Et les femmes? si on suit un autre stéréotype, elles ne travaillent pas, elles. Pour l'heure, elles vivent la même chose que les hommes jusqu'à la sortie de l'université. Certaines travaillent comme les hommes, même s'il est vrai qu' après le marriage elles s'occupent souvent du foyer, pour l'essentiel. Mais la conjoncture est rude, un enfant coûte très cher, ses études aussi, puisqu'il faut le meilleur. De plus, on consomme beaucoup, et de tout. Alors souvent, les femmes quadragénaires se remettent au travail, souvent dans le service, le commerce ( caissières, serveuses )...certaines prennent plaisir et sérieux à se former dans divers domaines, et pas si rarement, dans l'apprentissage du français pour aller en France, je veux dire Paris, l'eldorado. C'est ainsi que vanessa dispense des cours de français pour une classe de plus en plus nombreuse ( ci-dessous photo prise il y a quelques mois ).
    Il est très facile de critiquer, à la limite du mépris, ces éléments. Il faut aussi se dire qu'au Japon, on n'a pas recours aussi facilement à la sacro-sainte critique française, et qu'on préfère s'en tenir aux faits. On pense pragmatiquement : il faut travailler dur? d'accord. A-t-on raison de crier au scandale? pas si sûr. Ce dernier week-end, à nikko, défilaient mille figurants en tenue de samurai pour rememorer un passé pas si lointain de la grandeur du shôgun, ou déja, le clan se soudait presque aveuglement autour de son chef avec un engagement passioné. Difficile de dire où est passé ce chef exactement, aujourd'hui. En attendant l'engagement est le même, pour chacun, c'est vital. Ainsi titre une publicité à Tôkyô : " vous êtes ce que vous consommez ".
Par benoit - Publié dans : kaniga
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Mardi 15 mai 2007
    Un week-end comme d'autres dans notre département. Un nouveau marathon a eu lieu près d'utsunomiya, nous y serons encore, mais comme spectateurs seulement ( nous ne supportons pas la foule ). Les deux vedettes du jour ont réussi leur pari de finir leurs courses de 10 et 20 km dans les temps, ils seront chaudement félicités. Plus tard nous dinerons avec enchan, externe de jichi et president du club de musique de l'université, qui serait " un vrai japonais " dans le sens qu'il n'a pas encore été perverti par une expérience à l'étranger, ni n'a d'amis étrangers, bref...nous l'embarassons avec nos questions étranges. Amusant de voir à quel point il peut confirmer dans son expérience certaines particularités dont la compréhension profonde nous est hermétique. Pendant ce temps-là, vanessa excelle dans l'art du kimono...et pousse le professionalisme jusqu'à  se procurer seule ses éléments, les accorder pour enfin s'habiller et les ajuster comme une vraie japonaise. bravo l'artiste !
    Après toutes ces émotions, rien ne vaut par beau temps une petite escapade nature. L'avantage d'habiter dans le " country side " c'est qu'elle est juste à côté. cette fois nous retournons au lac chuzenji, comblant la frustration de l'avoir vu masqué par un épais brouillard la fois précédente. Et l'excursion n'aurait pas été un succès si l'on n'avait pas fait une ballade sur le lac même dans un de ces beaux pédalos en forme de canard, un bon concept. Endormi, le mont nantai, fuji de la région bienveillait sur son enfant aux flots calmes et apaisants.
     Enchan nous accompagnera avec son ex petite amie faire un tour au nouveau building manurochi à tokyo, inauguré en grande pompe et matraquage publicitaire, pour une offre essentiellement commerciale et des restaurants pris d'assaut. Puis petit tour à otemachi, les champs élysées nippones. Le soir, j'assisterai à une série de concerts rock/ska/hip-hop avec lui dans une petite salle de shibuya. Pas la même ambiance qu'à l'université ! une pensée pour la jeune fan japponaise prise dans un flot de ses congénères qui s'entrechoquent et slamment régulièrement...et toujours les discours. Un très bon moment et le sentiment encore plus renforcé que ce monde là est très jeune, du public aux artistes qui mettent les hanson et les jackson au placard. En effet, comme enchan me le repète souvent, après ce n'est plus possible ( après le diplôme ), c'est maintenant ! ainsi irait une partie de la jeunesse japonaise, complètement fébrile, soudée dans des groupes très actifs ( témoin la douleur ressentie suite à un smatch reçu en pleine figure ) et très résignés.
Par benoit - Publié dans : kaniga
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Mardi 15 mai 2007
    Je laisse le soin à vanessa de mettre sur son blog un plus grand article consacré à son voyage avec ses amies, les tanukis ( comprenne qui pourra ), à kyoto et à tokyo. Je ne me sens pas le mieux placé pour commenter leurs aventures qui ont été très positives et source de grand bonheur parmi les protagonistes !
    C'est peut-être en recherche réactionnelle de quiétude, ou simplement à cause de la chaleur montante ( très rapidement ) que nous avons décidé de faire un tour à l'océan avec notre couple d'amis de ômiya. Nous avons opté pour un trajet direct vers le sud, au-delà de tokyo et yokohama, juste parès kamakura, pour la station de zushi. c'est un lieu qui ne se veut pas ouvert au tourisme de masse, en témoigne l'abscence de vélos en location et un réseau de transports minimaliste, mais plutôt de villégiature tranquille avec quelques hotels et de jolies maisonnées. ce jour-là la plage était peu fréquentée, en partie par des véliplanchistes qui venaient profiter d'un vent favorable.
    C'est idiot mais ça été plutôt sympathique de partager avec des familles mononuclées peut-être tokyoïtes un semblant de chasse à l'étoile de mer dans les rochers laissés à découvert par la marée basse. Au large un tori pointait sur un ilôt rocheux, hommage à un dieu-caillou ? c'est saisi d'une peur de vengeance divine que j'exortais julien à remettre céans dans son élément naturel un bernard-l'ermite fort dérangé dont le regard courroucé qui sortait de sa coquille me transperçait.
    En guise de repentance de notre affront, je crois, nous sommes par la suite retournés à kamakura, voir cette fois le grand buddah ( daibutsu ) qui fait la fierté du lieu. Une foule s'y pressait, petits et grands. pas toujours dans une grande ferveur religieuse, voire parfois avec ironie ( ci joint une photo d'une japonaise se permettant d'embrasser le respectable ).Du shintoïsme au bouddhisme, de la nature brute au lieu saint, le spirituel est partout mais pas toujours aussi établi qu'on ne le croît.

Par benoit - Publié dans : kaniga
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Lundi 7 mai 2007
Une compilation d'images pour illustrer, toute bienséance gardée, un anniversaire à la japonaise.
Par benoit - Publié dans : kaniga
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Lundi 7 mai 2007
c'est l'anniversaire de vanessa qui gagne en sagesse mais ne perd pas en energie, de sitôt ses deux amies débarquées au Japon le japon voit son degré d'hysterisation tripler. Face à cette nouvelle culture qu'ils voient sous un jour heureux les japonaises n'ont de solution, comme maintes fois à travers l'histoire, d'adopter la même attitude jusqu'à l'assimilation, pour fabriquer de l'hysterie japonaise. Ce court processus c'est développé pendant les quelques premiers jours de présence des filles à utsunomiya ( avez-vous vu pleasantville ? ) qui retrouve de fait des couleurs. De magasins affichant des couleurs châtoyantes aux cafés animés ( de fait ), des potiers de machiko aux maîtresses en kimono qui s'en sont données à coeur joie, notre petite vie s'en est trouvé un temps éclairée de rires étincellants, le giri confronté au franc-parler de rodez ( bourgade de l'aveyrond nord ) et je n'oublierai pas de sitôt le spectacle de sérieuses japonaises entonnant " j'ai un gros nez rouge, des trats sous les yeux " pour notre plus grand plaisir. merci à toutes !
Plus solennellement, il se déroule un festival à nikko, où de longs cortèges de chars jouant de la musique "de chambre" japonaise défilent tirés à la corde devant les sanctuaires, sous une pluie hélas tenace et un froid mordant. Pour faire face, les mêmes chars disposent de tonneaux de saké à l'arrière pour le peuple. enthousiasmant et bon enfant.
Par benoit - Publié dans : kaniga
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Lundi 7 mai 2007
Il est temps de profiter des dernières pluies de pétales de cerisier, et des beaux jours, avant les vraies pluies abondantes du mois de juin. nous décidons donc de faire comme une immense foule de japonais, avec notre ami julien, informaticien à tokyo, pique-niquer sous les cerisiers dans le parc d'ueno. ce jour là, des français autres que nous sont filmés en train de s'alcooliser sec, belle image. quand mon frère foulera de ses grands pieds les pétales avinés de l'allée des cerisiers, quelques jours  plus tard, ces derniers seront bientôt complètement verts (les cerisiers ) . ainsi va l'éphémère...plus tard, station harajuku, ce sont les "pousses de bambou" jeunes et plein de crétivité  qui s'exposent au regard amusé des autres, des touristes, des occidentaux venus offrir des "free hugs". ambiance enchantée.
Par benoit - Publié dans : kaniga
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Mardi 3 avril 2007
    Après avoir présenté en anglais des généralités sur la psychiatrie toulousaine et une revue de la litterature sur la psychopathologie de la depression en lien avec le travail, ce qui a permis à certains de comprendre un peu plus qui j'étais et la raison de ma présence au japon, nous avions décidé de profiter du séjour de mes parents dans ce beau pays pour le visiter ensemble, à tokyo, et surtout, à kyoto.
    Le voyage vers kyoto était bien venu puisque nous sommes actuellement en pleine période de floraison des cerisiers, evenement de la plus haute importance ici, symbolisant entre autres la fin d'un cycle et le début d'un autre avec l'arrivée du printemps, la fin de l'année scolaire, tout en faisant écho avec un héritage de pensée considérant l'éphémère, la fatalité, la brièveté du beau " mono no awane". Je ne sais plus où j'ai lu que c'était une représentation de la mélancolie..Plus pragmatique est le bison futé des cerisiers qui annonçait leur floraison sur tokyo le lendemain de l'arrivée de mes parents. Tel ne fut pas le cas, peut-être du fait de mauvaises conditions climatiques la semaine précédente; heureusement, nous en vîmes beaucoup au final, ceci modérant ma frustration.
    Ce voyage fut aussi l'occasion de pratiquer plusieurs jours de suite et en variant les endroits l'hébergement en ryokan, ou auberge traditionnelle japonaise, tenus souvent par de vielles dames courbées et soucieuses du confort de leurs hôtes. On est enchanté de ces souvent vieilles maisons en bois où l'on se déplace pieds nus ou en sandales, si on le souhaite habillé d'un yukata, coulissant ces pro-fantasmatiques panneaux en papier de riz ( ou en plastique ) pour découvrir une pièce de tatamis avec petite table, télé des années 60 et couchette en futon moelleuse à souhait; ou bien, en recherche d'ablutions, un bain japonais ( on se douche et se savonne d'abord en dehors ) en bois, bien chaud. Il s'en dégage une atmosphère très familale. Kyoto reproduit l'illusion attendue d'elle si l'on combine ce type d'hebergement à la visite de ses innombrables temples et sanctuaires, de promenades nocturnes le long de canneaux ponctués de lanternes et de hérons perchés sur les fils electriques, de repas dans des izakayas ( auberges ) en bois au comptoir ( mais ça ne fait pas l'unanimité ).
    Mais la ville ne souhaite pas rester un théâtre de son passé traditionnel et abrite le quartier commerçant, de grands magasins peut-être moins fastes qu'à tokyo, une gare qui semble sortir comme beaucoup d'autres réalisations modernes d'un univers jules verno-schuiten et peeters fait d'espace, de lignes croisées amoureuses de géométrie, de transparence et de nostalgie de la période industrielle.
    L'insolite était aussi au rendez-vous; errant le premier soir le long de la rivière, mon père attire notre attention sur un petit café prénommé " le départ ". le seuil franchi, nous nous retrouvons seuls dans une pièce sortie de la salle à manger d'une adepte d'amélie poulain, tenue par une mère et sa fille que j'ai un temps crues latines, dans laquelle un groupe de sexagénnaires et leur chanteuse à la fleur dans les cheveux nous gratifiront d'un concert de musique hawaïenne; la main du doyen, docilement mais fermement accrochée à la pedal-steel, ne bronchera pas. S'en suit une interpretation de la patronne de classiques karaokés français ( la vie en rose..) qui trouvait peut-être là l'occasion de renouer avec son passé de chanteuse et quelque chose de français .
    Pour ce qui est du patrimoine culturel de kyoto, tout est dit, disons que ma préférence va au sanctuaire fushimi avec ses longues successions de torii oranges sanguins sur des kilomètres dans une belle forêt à flanc de montagne. La foule en moins, c'est vraiment propice à une expérience. On ne peut pas dire non plus que tous les beaux jardins japonais, secs ou pas, le temple doré, le quartier traditionnel de gion la nuit sont sans charme. A coup sûr une ville des plus passionantes du monde.
    L'heure est au retour dans la réalité; british airways a du retard, nos vélos ont été mis à la fourrière pendant notre abscence, c'est un comble quand la raison en est l'instauration d'un parking obligatoire payant dans ce trou perdu, il nous faut manger des nouilles toutes sèches pour subsister  ( délicieuses ceci dit ). A l'hôpital, la porte du bueau commun reste ouverte, les cartons jonchent les couloirs; de nouveaux visages font leur appartition. c'est une nouvelle année.
    Dimanche dernier, nous sommes retournés à tokyo avec julien pour participer nous aussi au pique-nique géant dans le parc de Ueno, qui attire une foule incroyable de japonais venus pour "hana-mi" ( regarder les fleurs ) et s'arsouiller gaiement sous les cerisiers qui, il faut bien le dire, sont magnifiques. Une brise fait-elle tomber une pluie de pétales ? la foule se dresse et applaudit. Tout comme ce vieil homme près d'un temple qui sembler féliciter un arbre de sa pousse, on sent un rapproché de la nature. à méditer.
   
Par benoit - Publié dans : kaniga
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Mardi 3 avril 2007
Ces quelques images ont été prises avant notre arrivée à kyoto.
Par benoit - Publié dans : kaniga
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Mardi 3 avril 2007
Voilà une première volée de photos...le vieux marché couvert, le temple kinkaku ( doré ), un complexe de temples zens
Par benoit - Publié dans : kaniga
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Mardi 3 avril 2007
on poursuit avec kyoto et ses couloirs zen, plus une visite au château d'Himeji, près de kobe, de l'avis général le plus beau du Japon. chemin faisant, on fait une heure et demie de train sans voir un brin d'herbe entre kyoto, osaka et kobe.
Par benoit - Publié dans : kaniga
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