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  • : C'est l'histoire de vanessa et benoît qui décident de partir au Japon. Pour lui, un rêve adolescent et l'expérience d'un décentrage. Pour elle, le goût du voyage et pas forcément celui du saké.
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Mardi 28 août 2007
    Le lecteur qui n'est pas atteint de la forme précoce de la maladie d'alzheimer s'en souviendra, dans le précédent article, l'on stipulait que c'était l'été, saison des vacances ici comme ailleurs, du relâchement et des festivités. Il nous semble que le regard et le comportement des japonais change; bien plus décontractés et avenants, voire entreprenants, nos  cousins transpacifiques  ouvrent la soupape de sécurité.  Chaque ville a son festival, et chaque festival comporte toujours une dimension  groupale, familiale car chacun participe ou presque à la liesse générale et son organisation.
     Ainsi si on prend la feria de nîmes en guise de comparaison, on est bien embêtés. Ca y ressemble et pourtant...La fête est quasi exclusivement dans la rue, du moins pour la partie la plus importante. Souvent, s'il s'agit de défilés en tous genres, ces derniers sont joués par des communautés de quartier, ou des écoles, clubs, etc...avec  en fond un petit esprit compétitif. Non moins souvent, la foule s'en mêle, avec l'art étonnant de ne pas étouffer le passant, alors pourtant si nombreuse.
    J'avais vu dans de films ou autres images exportées ce genre d'évènement avec des porteurs de mikoshi, ou sorte de petit temple monté sur des poutres, un bandeau autour de la tête, nus ou presque (avec seulement une cordelette ancêtre du string) qui rugissaient tout en peinant, portés par leur enthousiasme et visiblement heureux de le faire. Je ne sais pas vraiment pourquoi, mais il me semblait qu'un séjour au Japon serait incomplet sans avoir tenté l'expérience...fin du suspens. Avec un ami français vivant au Japon qui ne devait pas en penser moins, nous nous sommes joints par relations avec un petit groupe mixte ( tu parles c'est les hommes qui portent quand même ) de quartier qui nous ont bien accueillis. Je veux dire, le cérémonial traditionnel avant l'épreuve nous a été octroyé; parés de l'uniforme du groupe ( une veste, short blanc, socquettes ), une canette de bière dans la main mise d'office, le message était limpide. Ce sera une heure ( et demie? ), beaucoup de sueur, d'alcool, et un esprit combatif.
    Le but est que chaque mikoshi soit porté d'un point A à un point B, pas toujours selon le chemin le plus direct, d'abord pour le spectacle, et je pense pour peiner, exprès. C'est que le temple portatif qui, selon la taille, peut se peser en tonnes, abrite une divinité " enfant " qui aspire à rejoindre papa, le gros sanctuaire du coin, devant lequel elle sera présentée. Et comme ça la rend complètement fébrile, elle s'agite dans tous les coins, sautille, s'arrête pour mieux repartir brusquement...bref, c'est vivant. Mais les pauvres porteurs, adultes et bannis du monde imaginaire, savent bien que ce qui fait vivre le mikoshi et sa divinité, ce sont eux...ainsi, même si on change d'épaule, on a tout pour se faire une rupture du ligament acromio-claviculaire : pression, cisaillement...heureusement ce ne fût pas le cas.
    Côté féminin, il y a le rôle classique de la femme qui supporte l'homme dans l'effort, à l'arrière du cortège, près des boissons. Une autre partie hysterico-sadique aime à monter sur les mikoshi et entrainer les porteurs et le public, parfois avec des enfants...on en souffre d'autant plus qu'on est positionné à l'avant. Enfin, la majeure partie est dans le public, vêtue souvent de yukatas élégants mais chauds et d'éventails, ce qui n'est pas sans charme. Les photos témoigneront.
    Avant et après l'épreuve, il y a le réconfort. Le plaisir de partager une fête avec des personnes de pays très éloignés, et celui d'avoir préssenti ce sentiment si différent de communauté qui, en somme , nous portait toutes et tous.

Par benoit - Publié dans : kaniga
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Mercredi 8 août 2007
    C'est l'été au Japon, il continue à pleuvoir puisque le temps se détraque partout dans le monde, et il fait une chaleur moite insupportable parfois. Tel le gyooza cuit dans son set vapeur en bambou, l'homme de la rue fait " mushi-mush ", comme ils disent. Ca n'empêche pas l'éclosion de festivals appelés " matsuri " partout dans le japon et quasiment tous les jours. Chaque ville ou presque a le sien, et tous ne se ressemblent pas. L'image je pense courante qu'on puisse avoir est celle de japonais portant des temples sur les épaules à demi nus, des danses hypnotiques et un finish en hana-bi, ou feu d'artifice.
    Mr Takase, un adorable personnage qui souhaite prendre soin de nous et nous faire découvrir le japon, comme tant d'autres de ses compatriotes, nous avait proposé de nous amener au festival de Karasuyama ( la montagne des corbeaux - sympathique, non ? ) dans l'arrière-pays tochigien. Il y aurait du théâtre de rue. On a dit, banco.
    Dans les rues de cette bourgade perdue dans une campagne ravissante aux champs verts fluorescent, des troupes transportent, assemblent et desassemblent à une vitesse surprenante leur propre théâtre de kabuki, pendant trois jours, et offrent aux badauds des représentations de trois heures reprenant selon les thèmes classiques. Beaucoup jouent le jeu de l'événement et s'habillent, notamment les femmes, en yukata ( kimono d'été plus esthetique que circonstanciel ). Les pièces relèvent bien le défi; les acteurs maquillés et costumés comme le veut la circonstance, accompagnés par un petit orchestre tambours-shamisen-flûtes-voix et aidés sur scène par un personnage que par convention on n'est pas censé voir, des décors au premier, deuxième, troisième plan ou plus et une grande liberté dans l'utilisation de l'espace de la scène.
    La pièce que nous avons vue relatait la rencontre d'un samurai digne et d'une jeune fille séductrice qu'un démon avait pris pour apparence. Ce dernier tente, en quelque sorte, de tromper le héros. le samurai, à qui on ne la fait pas, et qui va le prouver sévèrement au démon, triomphe de la tentation. Il brandit l'avant-bras coupé du vilain, fort laid effectivement, les foudres de colère du manchot ne le perturbent même pas. Tout cela était, pour nous, d'une grande qualité. Un excellent moment. Quand au démon castré pour avoir proné l'impureté, il l'avait bien cherché.
Par benoit - Publié dans : kaniga
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Mercredi 8 août 2007
    Le campus de l'université médicale accueille régilèrement des batteries d'étudiants étrangers ( jamais des français ) dans le cadre d'un programme d'échange. Cette fois nous nous sommes joints à la bande pour une expérience internationale, plutôt décontractée et oisive. Au programme : repas japonais dans le dortoir, soirées karaoké, etc... j'y apprendrai indirectement que ça étonne toujours certains que ma compagne vienne aux mêmes soirées que moi ( façon de dire que, bon). D'autres, des éléments féminins cette fois, nous disent nous envier. Faudrait se mettre d'accord !
    C'est également lors d'une de ces sorties que l'on verra enfin fonctionner un de ces parkings japonais pour le moins intriguants : pour gagner de la place, il n'y a pas de rampe d'accès ou de voie à l'intérieur. On parque sa voiture dans un ascenseur qui se dirigera automatiquement vers le box assigné quelque part dans cette grande boite à autos.
    Tout cela tourne autour des cadres, structures, cases bien limitées n'est-ce pas? mmh peut-être ne suis-je pas très en forme aujourd'hui...
Par benoit - Publié dans : kaniga
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Mercredi 1 août 2007
    Notre ami et entremetteur français basé à utsunomiya, romain, rentre chez mère patrie après deux ans au moins de vie au Japon. C'est une rude épreuve pour lui après une longue séparation, et se séparer des personnes qui l'entourent aujourd'hui n'arrange pas les choses. Alors, pour fêter cela, il est décidé de tous nous retrouver dans ce restaurant coréen, quartier général de ce groupe qui y a passé tant de soirées et chanté si mal tant de fois.
    Ce fut un grand moment d'émotion. La patronne, qui a ouvert ce jour-là spécialement pour nous, s'est joint à la fête avec une timidité charmante pour nous interpreter de façon poignante une de ces chansons coréennes dont elle a le secret, en l'honneur du héros du jour. Bien sûr, nous festoyâmes, ce qui peut expliquer certains regards vitreux. Le lecteur, plein de compassion, passera outre. Tout comme je passe l'éponge sur celui du groupe qui tenta sur ma personne une saillie avec un micro...
    Merci encore à romain pour le souci qu'il a eu de nous aider à retrouver au Japon des relations devenues amicales. Bonne chance pour ton retour, si tu souhaite trouver l'inspiration à toulouse, n'hésite pas...
Par benoit - Publié dans : kaniga
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Mardi 31 juillet 2007
    Avant notre séjour en France, nous étions partis avec de nouvelles amies japonaises ( yuki et yuka - facile ! ) fort sympathiques en campagne; elles étaient fermement décidées à nous faire partager les bons coins où elles aimaient se rendre. On ne peut pas leur reprocher ! direction la préfecture au sud donc, au bout de la plaine du kanto, à flanc de montagne, pour une escapade pastorale, bercés dans la voiture par la lecture et la relecture d'une cassette unique ou alternent crabe hilare sorti des usines disney et poignantes chansons retro japonaises contant les affres de la comédie humaine.  
    Nous allâmes déjeuner dans une sorte de cottage tout droit sorti de la louisiane, tenu par un chaleureux couple sexagénaire amoureux de cette culture états-unienne " cotton fields " jusqu'au moindre détail. Ca ne leur empêche pas de nous servir leur spécialité, une fondue savoyarde. Il ne manquait plus que l'apple pie et les extra-terrestres.
    Par la suite, bien repus, il a été décidé de se rendre près de la rivière pour admirer les lucioles à la nuit tombée. C'est un passe-temps semble-t-il très habituel au Japon, du moins en campagne, probablement dans le cadre de l'observation de la nature, au même titre que la contemplation des cerisiers en fleurs. Le cadre y était presque caricatural : décor de montagnes aux bois abondants parfois voilés de brume, rizières et mares bordées de petits chemins de traverse, quelques maisons de-ci, de-là et la fameuse rivière, petit ru planté de roseaux. Ce paysage " à la miyazaki " s'est vu animé par chance le temps de quelques secondes par le passage furtif de deux tanukis, sorte de gros ratons-laveurs très présents dans la culture et les mythes nippons, qui à notre arrivée ont couru se réfugier dans le bois adjacent. Hystériques que nous étions, nous nous lançâmes à leur poursuite. Et juste à l'endroit où ils disparurent, caché derrière un buisson, se trouvait un autel shinto. Une expérience mystique !
    Malheureusement, ce soir-là, les lucioles étaient paresseuses; nous y sommes retournés peu après, avec des renforts. Si le facétieux tanuki se cachait, ce n'était plus le cas des lucioles qui ont dansé au-dessus de la rivière, en silence et pour notre plus grand plaisir.

Par benoit - Publié dans : kaniga
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Jeudi 5 juillet 2007
    Trois bonnes raisons de mettre une petite note sur ce blog pendant ces trois semaines que nous passons en France, en vacances;
    Un, bonjour à vous tous amis japonais(es), on pense souvent à vous ! on revient très bientôt...
    Deux, si je ne poste pas je vais encore me faire gronder par les rappels " vous ne bloguez plus " toujours aussi personnalisés de l'hébergeur...
    Trois, nous saluons tout aussi chaleureusement toutes les personnes que nous avons revues lors de notre retour provisoire; parents, fratrie, amis, bestiaux...c'était un plaisir d'être parmi vous !
    Nous nous sommes efforcés de présenter un Japon moins caricatural à nos auditeurs, même si ça reste tentant de verser dans les stéréotypes; surtout quand on est "fatigué" de répondre. Alors non, il n'ya pas de samurais en activité au Japon. Désolé. Ils ne mangent toujours pas de chien, pensez-donc, on s'étoufferait avec leurs petits habits! Ce sont tous des robots, ils sont formatés! ( s'entend souvent ) - euh comment dire...
    En attendant, tous les petits "gadgets" ramenés rapportent un franc succès. La palme revient aux bidules accrochés aux portables et autres porte-clefs, prochainement dans les boutiques branchouilles françaises, on les a vus ! A quand les ongles décorés ?
Par benoit - Publié dans : kaniga
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Lundi 11 juin 2007
    Hisashiburi na ! Après plus de 6 mois de stage, que reste-t-il de nos amours psychiatriques ? je veux dire finallement comment ça se passe au boulot ? alors, une petite note ne serait-ce que pour mes adorables géniteurs qui me questionnent souvent à ce propos...que dieu les protège.
    Bonne question donc, si on regarde du côté des objectifs, on trouve bien sûr pas mal de frustrations et tout autant de bonnes surprises. Si on me dit que sans un peu de frustration il n' y a pas de bon travail, je veux bien le croire, alors j'y perd un peu mon latin. Il y a deux sujets : celui sur lequel l'auteur essaie de plancher sur son petit bureau éclairé par une lumière blafarde, son intimité protégée par deux panneaux de plastique qui font plus décoration qu'autre chose, et celui du sujet qui planche; petite mise en abîme, un peu de références tendance ne fait pas de mal. Bien que la frontière entre ces deux sujets soit perméable, l'un influençant l'autre, on va dire que ce sera aussi simple et plus intéressant de parler de celui sur lequel je planche. Je n'ose prononcer le thème de cet ersatz de thèse. Je commence à en éprouver du dégoût, serait-ce bon signe ?
    Il s'agit encore d'essayer de repérer, selon nos confrères nippons, comment ces pauvres japonais tombent en dépression au travail. Ca à l'air un peu vague comme ça, c'est vrai que c'est un peu trop gros. disons que l'accent est mis sur ce qu'en pensent mes collègues, je vois mal comment je pourrais avoir la prétention d'expliquer tout ça de mon point de vue de gaijin.
    Et où en arrive-t-on ? d'abord il faut planter le décor : on est à jichi idai, ville champignon gréffée à l'arbre universitaire de son hôpital, dans la préfecture plutôt campagnarde de Tochigi....où sont implantées des usines de production automobiles à foison. Qui est là ? des familles de CSE moyenne, des fermiers spécialistes de la fraise. Et parmi les psys, des jeunots dont l'un me soutenait il n'y a pas longtemps que la personnalité c'était du gène et rien que ça; là je dis tout de suite qu'à part ce champion sûrement égaré les autres sont...comme nous...., et des séniors formés à une autre école, allemande, phénoménologiste, et parfois en france. Ca joue sur les modèles explicatifs ! et les patients alors, ils en pensent quoi eux ? malheureusement, c'est là que ça coince...les entretiens sont peu possibles; si j'arrive à poser les questions ( pas mal déja non ? )je ne peux comprendre les réponses. D'autant plus que l'accent de tochigi, réputé pour son côté touffu,  débité à cent à l'heure par un vieux paysan, ça a un côté rencontre du troisième type.
    Quoi écrire alors ? un peu d'histoire, d'exotisme, des histoires de cas recopiées dans les fichiers d'ordinnateur et commentées par les confrères...on bricole. On lit pas mal aussi, mais pas en japonais hélas...et plus on s'enferme dans son bureau, plus on reproduit une étude à la Bénedict, hors du terrain.
    Voilà un résumé outrancier :
    Un homme d'âge moyen, présentant une prédisposition " typus mélancholicus " ( c'est à dire qu'il vit pour son travail, est très ordonné et étriqué avec un fonctionnement rigide ) vit une modification de son environnement de travail, s'identifie avec une entreprise/société malade ( mélancolique ), explose du fait de surmenage en neurasthénie ou trouble psychosomatique, voit son temps vécu auparavant cyclique (et à peu près composé d'un passé-présent-futur) retréci voire constamment en arrière d'un futur injoignable, pro-tendu c'est le cas de le dire...au passage doit bien avoir une blessure narcissique quelque part, une perte moui pourquoi pas mais bon, et peut-être que craigant avant tout le rejet du groupe, terrible pour un japonais, il se réfugie dans la culpabilité et la dépression. Il n'est pas interdit qu'il soit aussi stréssé et que ces stratégies de coping soient non efficaces, qu'il en arrive à baisser les bras. On peut bien sûr retrouver quelques éclaircissements culturels.
    Et voilà pourquoi votre fille est muette.
   
    Ci-dessous, quelques photos prises dans une entreprise d'alluminium visitée avec son centre de " psychiatrie du travail " il y a peu. C'est tout de même intéressant. Parce qu'au delà de mes préoccupations personnelles, on voit que tout a été fait pour tenter une prévention des troubles psy au travail, même si c'est plutôt de la prévention secondaire voire tertiaire ( consultations après repérage de difficultés ). Beaucoup de psychiatres passent tous les cinq ans une attestation visant à leur conférer le droit de travailler en milieu industriel. Comme des " médecins du travail ". la dépression au travail est reconnue comme maladie professionnelle depuis peu. Le même psychiatre est alors dans une position complexe entre son employeur, l'entreprise, et ses patients, avec les vices du système qu'on peut immaginer. Il passe souvent la main pour les suivis. Il travaille en équipe avec le responsable d'atelier, etc...
    Vendredi prochain j'irai visiter une célèbre usine de production automobile. Il y a au moins 20 consultations par demie journée, la plupart des dépressions et troubles anxieux.

    Pour finir, il semble que comme les entreprises japonaises, l'hopital n'échappe pas à la règle. respect de la hierarchie, surmenage, prise de décision en groupe...c'est un hopital finallement privé, comme la plupart des hopitaux au japon, mais aussi universitaire. c'est aussi un des rares campus d'étudiants en médecine, lesquels dépriment non rarement.

 
Par benoit - Publié dans : kaniga
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Jeudi 31 mai 2007
    Je ne sais pas si ça peut intéresser, mais pourquoi ne pas faire un petit article sur l'alimentation ? c'est vrai, que mangent-ils donc, ces japonais ( et ces français perdus au japon )?
    D'abord, tordons le cou à des poulets, je veux dire, à des stéréotypes. On ne mange pas d'animaux domestiques ici ! rappelons que nulle part ailleurs qu'au Japon le chien trouve son bonheur . Par contre, les poissons, les serpents ( à la campgne ), les fruits de mer, ça...
    Le matin, le traditionnel petit déj est salé. soupe miso, légumes crus et aigres pour le bonheur du palais. autant vous dire qu'on a jamais vraiment essayé. Heureusement le petit déj " continental " est de plus en plus répandu et il est très facile de manger comme dans les pays occidentaux. rien à dire.
    Pour les autres repas, notons que le pain peut faire de l'ombre au riz; oui, à ce sacro-saint riz japonais, présenté comme le meilleur au monde ( et un des plus cher ). nombreux sont les japonais qui se mettent au pain. le problème est que la qualité de la farine n'est pas toujours au rendez-vous, mais c'est pareil en france. Le riz lui est toujours placé dans l'autocuiseur, un peu collant et se mange traditionnellement en fin de repas, nature bien sûr.
    Les japonais ont un rapport important avec la nourriture. très fort. les repas sont de grands moments de la journée, d'habitude. C'est si important que la télévision japonaise en est envahie : chaînes hertziennes culinaires, nombreuses émissions dont un ushuaïa à la recherche du meilleur bol de ramen, pubs...ça n'en finit plus ! d'ailleurs, dans les grandes lignes, la cuisine japonaise est extrêmement riche et diversifiée, souvent esthétique, pas reservée à des élites n'en témoigne le nombre prodigieux de restaurants. c'est simple, partout ou presque, on trouve des restaurants dans chaque ruelle.
    De plus, ça se métisse avec d'autres cuisines. La chinoise bien sûr avec, entre autres, les ramen, nouilles qu'il faut manger en faisant du bruit, signe que c'est bon. Même s'ils se brûlent les lèvres au passage il faut les manger vite, c'est comme ça depuis qu'on est petit. Chaque resto de ramen propose sa version personnelle et connaît des habitués. C'est à ranger dans la catégorie des resto rapides et familiaux. il y a grosso modo deux autres types de pâtes, les udon, froment, longues et épaisses, et les soba, en sarrasin, mangées froides ou chaudes, plus fines et grises.
    Il y a aussi le curry ( kare ). Extrêmement répandu et consommé, il faut entendre par ça une sauce du commerce préparée, arrangée par le cuistot et servie avec du riz. on rajoute porc pané coupé dans la largeur et on obtient un plat typique populaire, le ton-katsu, le katsu-kare etc...pas mal !
    Et les fameux sushis ? on en trouve des chers dans des restos spécialisés, souvent plus ils sont gras plus c'est cher. mais on peut aussi se régaler de multitudes de variétés dans des restos populaires façon " bateaux de sushis " pour des prix vraiment bas ( et pour une qualité qui surclasse aisément ceux faits par d'autres asiatiques en france ). on y va souvent...
    Ne pas oublier les fameux bento, plateaux repas héritiers de ceux des samuraïs, qu'on trouve n'importe où et qui essaient d'être équilibrés. il y a même un peu de déco, genre la prune rouge au milieu du riz ? mais oui, le drapeau national ! il y a les variétés vendues en gare, les eki-ben, munis parfois d'un astucieux système qui permet de chauffer le petit plat en tirant sur une ficelle.
    J'ai failli oublier la cuisine coréénne, de plus en plus appréciée elle aussi, bien souvent épicée. un plat typique, un bol de pierre brûlant dans lequel on touille viande, oeuf, riz, plantes, etc...
    Nous avons sûrement goûté un nombre pas croyable d'algues, racines, fleurs, lotus et autres bizarreries mais je ne saurais les nommer. mention spéciale pour le "légume de kyoto" au goût proche du potiron et de la patate douce. ex-aequo avec le petit crabe qu'il m'a fallu manger ENTIER. craquant comme une chip.
    Manger sert aussi de pretexte à boire. on ne boit pas si on ne mange pas. le meilleur théâtre en est l'izakaya, auberge ultra représentée dans les mangas, films..avec une clientèle d'habitués. c'est toujours délicieux. on vous sert souvent des pickles pour l'apéro ( avec une bière par habitude ).
    Il n'y a pas de dessert traditionnel, ni comme moment ni comme plat. cependant les sucreries sont partout, de boulangeries japonaises aux imitations des françaises et leur fameuse margarine ( peu utilisent le beurre animal ). trois gateaux phares : le mont blanc, sûrement un caprice des japonaises qui voulaient retrouver au japon la spécialité du fameux salon de thé rue de rivoli, le chiffon cake ( mais d'où cela sort-il ? ) et le cheese cake. les parfums font la différence : thé vert, melon d'eau, patate douce, fleur de cerisier...on y trouve aussi les dérivés du soja ( partout de toutes façons ).
    On ne parlera pas de l'alcool ici qui est aussi très répandu. saké = alcool, si vous voulez du " saké " il faut demander du nihon-shuu. disons juste qu'un bon buveur est valorisé, à savoir quelqu'un qui tient l'alcool. on ne reviendra pas sur ce qu'on m'a dit sur les alcoolques qui sont peut-être " heureux " comme ça au fond. j'en sais trop peu pour en dire vraiment quelque chose.
    La mondialisation apporte la " junk-food" et ses mac do en tous genres. on parle de plus en plus de "syndrôme métabolique" en psychiatrie. à quand une izakaya en france ?

   
Par benoit - Publié dans : kaniga
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Mercredi 30 mai 2007
    Ca faisait un moment qu'on en parlait, de longues années que je voulais les voir " en vrai "...c'est fait. Accompagnés du frère de vanessa en visite au Japon et d'un groupe d'amis, nous avons assisté à l'avant-dernière journée du championnat de sumos à Tokyo.
    C'était un des moments attendus du jour, l'autre était la visite de la manifestation " design festa " qui regroupe annuellement à Tokyo façon foire d'exposition une ribambelle d'artistes en tous genres, jeunes créateurs, acteurs, inventeurs d'un petit monde, musiciens indépendants, le tout dans une ambiance bon enfant un peu loufoque. Il nous a été malheureusement impossible d'en faire le tour faute de temps; dommage car ces lieux d'expression libre et hors conventions sont plutôt rares. On en rapportera quelques cartes postales de graphistes.
    Nous rejoignons les premiers arrivés aux boxes que nous avions réservés, pas au premier rang car les prix sont assez prohibitifs, mais bien assez près pour moi. Là l'ambiance est familiale, décontractée, en contraste avec celle rituelle observée sur la "scène". L'arrivée, l'affrontement et bien sûr la victoire sont commentées parfois à cris par la foule partisante tantôt du candidat " de l'est ", tantôt de celui " de l'ouest ". Après le tour de ceux qui montent, c'est le clou de la journée avec l'affrontement des confirmés; le meilleur moment attendu est le combat de hakuho pour devenir yokozuna, ou grand champion, titre à portée de paluche et qui pourrait courroner une série de 13 victoires sans défaite. Et c'est ce qui arriva, après de bonnes empoignades et parfois des tentatives de repousser l'adversaire hors du ring par de rapides poussées avec les bras, impressionantes vu le poids. Il semble d'ailleurs que ces embardées plaisent volontiers à la gente féminine qui continue à aimer les sumos quelque soit l'âge.
    Nous assistons aussi à la victoire du géant kokeshuuko, bulgare d'origine connu pour son torse velu, son sourire sympa et la publicité monstrueuse qu'il fait pour le yaourt, dit bulgare, du cru; ah les bons vieux stéréotypes...en tous cas "il t'envoie asashyoru, le big boss, valser en moins d'deux ! ". Au final, la foule se saisit des coussins sur lesquels elle patientait et les lance vers les champions, sauf quand on rate un peu son objectif et que ça finit derrière la nuque d'une victime innocente.
    Après tout celà, rien ne vaut une bonne okonomiyaki sur la plaque ( la galette japonaise ), un petit karaoké dans une pièce grande comme un ascenseur, puis finir par une nuit blanche à roppongi; quartier décidemment plutôt malsain avec son réseau de prostitution très visible, ses bagarres, ses boîtes surpeuplées où la gente féminine apprend à danser avec un partenaire gréffé à son dos. Les gens biens, les " vrais " japonais(es) tokyoïtes ne considèrent pas roppongi comme le lieu où l'on sort, paraît-il. Je les comprends, dans cette drôle d'interface entre deux cultures, les combats auxquels on assiste ont bien moins l'allure de titans que de cochons.

   
Par benoit - Publié dans : kaniga
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Jeudi 24 mai 2007
    Voilà un petit post pour un sujet intéréssant au Japon et dont les manifestations étonnent tout voyageur. Tout le monde le sait, le japon est un pays accueillant des cultures fort différentes à l'origine. C'est peut-être aussi le seul pays qui a connu un tel bouleversement dans son paysage en "introduisant" ou " assimilant ", on ne sait pas trop quel mot utiliser, une culture bien différente dans son ensemble en temps remarquablement court lors de cette fameuse ère meiji, après des siècles d'isolement ( relatif ).
    Ce qui a amené certains à ressortir le terme de syncrétisme pour décrire certaines particularités du Japon. Il ne s'agit pas d'une débilité collective, ni même d'une référence à l'idéologie crétine sacrée qui semble parfois prise au pied de la lettre par certaines personnalités d'institutions religieuses.
    Allez, par exemple, quelque chose que tout les touristes voient dans la rue et qui n'est marqué sur aucun guide ( bizarre! ): la démarche des japonaises.
    Bon, d'abord, beaucoup ont les jambes vraiment arquées, à la limite de ce qui semblerait en france une déformation. Rachitisme ? génétique ? passion frénétique et populaire pour l'équitation ? conséquence de l'attitude décrite ci-dessous ? nul ne sait vraiment. mais ce n'est pas trop le sujet.
    Ce qui frappe aussi, ce sont les chaussures. Beaucoup de jeunes femmes, jeunes filles, et parfois femmes mûres portent des talons, jusque là ça va. Mais il y a deux détails. Un, certaines marchent en traînant des pieds ostensiblement ( en talons toujours ). Ca fait un certain bruit. Deux, souvent, les chaussures sont trop grandes et ce d'au moins une pointure. Nous avons, avec vanessa, conduit une enquête très sérieuse, rétrospective, pas en aveugle, en faisant passer des hétéro-questions, sur un échantillon sain témoin pas complètement représentatif. Nous avons collecté les réponses proposées, très variées, et aboutit aux conclusions suivantes (interprétées par nous cela va de soi) :
    - sur les grandes chaussures à talons : côté pragmatique, s'enlèvent facilement dans un pays où on n'arrête pas de se déchausser. Côté image, identification à la femme occidentale, grande et élégante, à condition que le symbole en est d'avoir de grands pieds. Psychanalyse du dimanche : substitut phallique pour revendication dans une société réputée (à tort ?) machiste.
    - sur la démarche trainante : Cause ou conséquence, essayez de marcher avec de trop grandes chaussures. On verra si vous ne trainez pas des pieds. Complexe d'infériorité : "bah nous autres japonaises ne sommes pas aussi élégantes que les françaises ( par exemple ), on ne sait pas marcher avec des talons." Influence de la culture traditionnelle : au moins dans la cérémonie du thé, la démarche n'échappe pas aux codes. Cette dernière doit être un glissement sur le tatamis, plutôt que soulever la plante du pied. Si cette démarche apprise tôt s'applique à des domaines de la vie quotidienne, elle peut influencer par apprentissage tenace la déambulation dans les rues modernes de tokyo.
    Voilà. la morale est bien sûr qu'il n'y a pas de meilleure façon de marcher. surtout si vous pouvez vous acheter des talons toutes les semaines.
Par benoit - Publié dans : kaniga
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